J'écris moins en ce moment, une envie moindre. L'épisode Starbucks m'a refroidi... Et puis surtout c'est l'automne. J'aime bien rester à la maison blotti sous ma couette, ou à lire quelques bouquins.
Je compte d'ailleurs aller en acheter un ou deux cet après midi. Un Balzac Les illusions perdues, et peut-être Belle du seigneur de Cohen, ou bien autre chose, qui sait ?
Pour te répondre Calyste, la Manufacture est ouverte au public. Mais il y a toujours beaucoup de monde. Mieux vaut venir en fin de semaine, il y a moins d'étudiants. Pour faire quelques photos, l'idéal est en fin d'après midi. Les immenses couloirs sont déserts. L'extérieur vieillit mal, du moins pour les premières tranches livrées.
Je me suis remis une énième fois à courir hier soir. J'ai parcouru plus de 9 km, ma foulée était bonne, de même que mon souffle. Mon prochain but est de dépasser les 10 km. Si je continue à courir cet hiver, mon objectif sera un semi-marathon pour l'été prochain.
L'ennui pointe. Peu de travail, mais beaucoup de thé à boire... et du temps pour parcourir le web.
jeudi 5 novembre 2009
jeudi 29 octobre 2009
Manufacture

L'université où je travaille ressemble à une colonie de fourmis. Chaque jour, des milliers de personnes y entrent et y sortent, travaillent, étudient, s'ennuient...
Environ 15 000 étudiants, et un bon millier d'enseignants se pressent dans des salles de cours, des amphithéâtres, des cafétérias, des rayonnages de bibliothèque.
Les effectifs estudiantins sont composés d'une très grande majorité de femmes : 80 %, ma libido s'en trouve de fait augmentée. Comme il fait froid j'essaie de deviner leurs corps sous d'épais manteaux. Quoique la mode soit au moulant, voire au très moulant et quasiment jusqu'à la table de jeu, c'est plus facile.
Je devais avoir 8 ou 9 ans la première fois que je suis entré dans la Manufacture des Tabacs. En 1989, une exposition avait été organisée sur le thème du pain dans une partie des lieux, pas encore dans son état d'origine. Je me rappelle qu'il faisait froid, mais que la dégustation de pain était bonne...
En DEUG, ces locaux, alors encore en travaux rimaient avec autonomie et études. Je n'ai pas fait grand chose ces deux premières années, je ne révisais pas mes cours, je travaillais seulement les travaux dirigés que je jugeai intéressant. Je me laissais vivre. J'ai pris 30 kg en deux ans. Je rêvais plus que je ne pensais au futur. L'insouciance. Ensuite en licence, je me mis vraiment à travailler.
Beaucoup de mes ami(e)s trouvent ces locaux sans âme, impersonnels et froids. C'est vrai. Point de vieilles pierres, une fontaine d'un artiste Polonais qui traîne.... Beaucoup de minéral, de béton, peu de végétal,
Je découvre par mon travail les joies de la grande administration : l'initiative personnelle est mal vue si l'on ne passe pas par l'accord d'au moins 3 services et d'autant de personnes aux fonctions obscures. Je ne suis que vacataire et cela me convient. Pour l'instant.
Les professeurs que nous formons sont tous plutôt sympathiques. Certains ont leur petite manie et nous imposent des délais très courts des solutions à trouver pour leurs problèmes. Sans compter les jeunes enseignantes vacataires, mes collègues délicieusement vêtues me causant quelques troubles au bas du pantalon. De façon générale tout se passe bien. Avec le regain contagieux de la Grippe A, il se peut que notre activité augmente après la Toussaint. Pour le moment, nous assurons tranquillement nos permanences, tranquillement, avec un peu d'ennui...
Mais heureusement, le comique de service Sarkozy sait égayer mes journées par une lecture assidue des journaux.
Libéré de toute pression, je fais désormais des nuits complètes, mon stress chronique est à un niveau assez bas, même la boisson ne fait plus effet, elle n'est plus ce passage épisodique cathartique, et puis j'ai trop bu au début du mois.... Même la publicité ne m'atteint plus. Elle est quasi absente sur mon trajet quotidien entre maison et Manu par la grande rue de la Guillotière. En tout cas elle se fait discrète. Finie donc la propagande nauséabonde !
Environ 15 000 étudiants, et un bon millier d'enseignants se pressent dans des salles de cours, des amphithéâtres, des cafétérias, des rayonnages de bibliothèque.
Les effectifs estudiantins sont composés d'une très grande majorité de femmes : 80 %, ma libido s'en trouve de fait augmentée. Comme il fait froid j'essaie de deviner leurs corps sous d'épais manteaux. Quoique la mode soit au moulant, voire au très moulant et quasiment jusqu'à la table de jeu, c'est plus facile.
Je devais avoir 8 ou 9 ans la première fois que je suis entré dans la Manufacture des Tabacs. En 1989, une exposition avait été organisée sur le thème du pain dans une partie des lieux, pas encore dans son état d'origine. Je me rappelle qu'il faisait froid, mais que la dégustation de pain était bonne...
En DEUG, ces locaux, alors encore en travaux rimaient avec autonomie et études. Je n'ai pas fait grand chose ces deux premières années, je ne révisais pas mes cours, je travaillais seulement les travaux dirigés que je jugeai intéressant. Je me laissais vivre. J'ai pris 30 kg en deux ans. Je rêvais plus que je ne pensais au futur. L'insouciance. Ensuite en licence, je me mis vraiment à travailler.
Beaucoup de mes ami(e)s trouvent ces locaux sans âme, impersonnels et froids. C'est vrai. Point de vieilles pierres, une fontaine d'un artiste Polonais qui traîne.... Beaucoup de minéral, de béton, peu de végétal,
Je découvre par mon travail les joies de la grande administration : l'initiative personnelle est mal vue si l'on ne passe pas par l'accord d'au moins 3 services et d'autant de personnes aux fonctions obscures. Je ne suis que vacataire et cela me convient. Pour l'instant.
Les professeurs que nous formons sont tous plutôt sympathiques. Certains ont leur petite manie et nous imposent des délais très courts des solutions à trouver pour leurs problèmes. Sans compter les jeunes enseignantes vacataires, mes collègues délicieusement vêtues me causant quelques troubles au bas du pantalon. De façon générale tout se passe bien. Avec le regain contagieux de la Grippe A, il se peut que notre activité augmente après la Toussaint. Pour le moment, nous assurons tranquillement nos permanences, tranquillement, avec un peu d'ennui...
Mais heureusement, le comique de service Sarkozy sait égayer mes journées par une lecture assidue des journaux.
Libéré de toute pression, je fais désormais des nuits complètes, mon stress chronique est à un niveau assez bas, même la boisson ne fait plus effet, elle n'est plus ce passage épisodique cathartique, et puis j'ai trop bu au début du mois.... Même la publicité ne m'atteint plus. Elle est quasi absente sur mon trajet quotidien entre maison et Manu par la grande rue de la Guillotière. En tout cas elle se fait discrète. Finie donc la propagande nauséabonde !
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samedi 24 octobre 2009
Pierre Chaunu (1923-2009)
L'un des grands historiens de l'école française d'histoire est mort des suites d'une mauvaise chute. Elève de l'Ecole des Annales, moderniste, spécialisé dans l'histoire quantitative (celle qui analyse les données statistiques : natalité, revenus, mortalité). Spécialiste de l'Amérique espagnole et de l'histoire sociale et religieuse de la France des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècle, il est l'auteur de plusieurs dizaines de livres, dont sa thèse Séville et l'Atlantique (1504-1650), Paris, SEVPEN, 12 volumes, 1955-1960, sur la fameuse Casa de contratacion de Séville, instance espagnole qui recevait l'or des galions venant de l'Empire colonial des Amériques.
Protestant sincère mais porté à des idées malthusiennes très "à droite de la droite", Chaunu ne mâchait pas ses mots
En juillet 2007 j'avais fait une note ici sur les propos de Chaunu repris par un autre historien, François Dosse, qui les condamnait dans son ouvrage l'histoire en miettes, daté de 1987.
Voici ce qu'écrivait Dosse :
"Pierre Chaunu. Apôtre du protestantisme, Cassandre des Temps Modernes, il met en garde notre humanité chrétienne. La forteresse occidentale fut inexpugnable, mais le danger guette. La croisade est en nos murs. Attention à ne pas transformer l'Occident en désert, bientôt envahi par les hordes basanées du tiers monde. Il espère bien ainsi nous préserver de l'apocalypse avant l'an 2000. Père de six enfants, il exhorte au développement du taux de natalité de la population blanche, rejetant avec dégoût l'avortement qui, pour ce militant du "Laissez-les vivre", s'assimile naturellement à un crime. La survie de l'espèce est en jeu : "Nous sommes en train de constituer une poudrière ; nous allons provoquer des guerres civiles, en fabriquant des hommes dans le tiers monde et en les envoyant travailler dans la Ruhr ou à Paris. En tant qu'historien dont la tâche est aussi d'éclairer les actions du présent, je vous dis : c'est complètement dingue". Les positions idéologiques de Pierre Chaunu ont le mérite de la transparence .
Après avoir dénoncé les hôpitaux avortoirs, il déclare : "Nous ne voulons pas, nous, parents de trois, quatre enfants, devenir les cireurs de botte, les esclaves, les bougnoules, les balayeurs, les serviteurs des autres". Il entend démontrer la supériorité de notre civilisation, dite chrétienne traditionnelle "du monde plein", sous couvert du regard hautement scientifique de l'historien. Les chrétiens blancs ont surtout eu le mérite d'avoir su socialiser la continence en règle générale au prix d'un louable effort de volonté. (...) C'est donc grâce à la répression de ses pulsions sexuelles que l'Occident chrétien a pu s'assurer le rôle de guide des peuples qui lui incombe au nom de Dieu, de la Bible et de son message universel, "le seul" Pierre Chaunu, fait figure de pape au milieu de ses frères des Annales." p. 217-218.
Historien reconnu et réputé, Chaunu s'est lui-même grillé par ses propos dangereux inclus dans ses propres travaux, confondant son rôle public et ses opinions personnelles.
Protestant sincère mais porté à des idées malthusiennes très "à droite de la droite", Chaunu ne mâchait pas ses mots
En juillet 2007 j'avais fait une note ici sur les propos de Chaunu repris par un autre historien, François Dosse, qui les condamnait dans son ouvrage l'histoire en miettes, daté de 1987.
Voici ce qu'écrivait Dosse :
"Pierre Chaunu. Apôtre du protestantisme, Cassandre des Temps Modernes, il met en garde notre humanité chrétienne. La forteresse occidentale fut inexpugnable, mais le danger guette. La croisade est en nos murs. Attention à ne pas transformer l'Occident en désert, bientôt envahi par les hordes basanées du tiers monde. Il espère bien ainsi nous préserver de l'apocalypse avant l'an 2000. Père de six enfants, il exhorte au développement du taux de natalité de la population blanche, rejetant avec dégoût l'avortement qui, pour ce militant du "Laissez-les vivre", s'assimile naturellement à un crime. La survie de l'espèce est en jeu : "Nous sommes en train de constituer une poudrière ; nous allons provoquer des guerres civiles, en fabriquant des hommes dans le tiers monde et en les envoyant travailler dans la Ruhr ou à Paris. En tant qu'historien dont la tâche est aussi d'éclairer les actions du présent, je vous dis : c'est complètement dingue". Les positions idéologiques de Pierre Chaunu ont le mérite de la transparence .
Après avoir dénoncé les hôpitaux avortoirs, il déclare : "Nous ne voulons pas, nous, parents de trois, quatre enfants, devenir les cireurs de botte, les esclaves, les bougnoules, les balayeurs, les serviteurs des autres". Il entend démontrer la supériorité de notre civilisation, dite chrétienne traditionnelle "du monde plein", sous couvert du regard hautement scientifique de l'historien. Les chrétiens blancs ont surtout eu le mérite d'avoir su socialiser la continence en règle générale au prix d'un louable effort de volonté. (...) C'est donc grâce à la répression de ses pulsions sexuelles que l'Occident chrétien a pu s'assurer le rôle de guide des peuples qui lui incombe au nom de Dieu, de la Bible et de son message universel, "le seul" Pierre Chaunu, fait figure de pape au milieu de ses frères des Annales." p. 217-218.
Historien reconnu et réputé, Chaunu s'est lui-même grillé par ses propos dangereux inclus dans ses propres travaux, confondant son rôle public et ses opinions personnelles.
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mercredi 21 octobre 2009
Marine est (toujours) vivante
Elle était avec moi à l'école primaire, sa scolarité s'est passée dans l'établissement où j'étais moi même. Dans les brumes de mes souvenirs, je ne sais plus si elle a passé le bac... Sa soeur a été ma prof de biologie en Seconde.
Et puis d'un coup plus rien.
Je ne sais pas ce qui a trotté dans sa tête. Conflit parental, semi-fugue, crise d'adolescence brutale ? Pendant plusieurs mois, je l'ai croisé à la sortie du metro, station Bellecour, sortie Antonin Poncet (pas la grande, la petite). Elle faisait la manche. Je passais en faisant migne de l'ignorer. J'aurais pu l'aider et je n'ai rien fait. Sentiment de culpabilité, mais je ne peux pas résoudre tout la misère du monde. Et puis aurait-elle accepté ?
A-t-elle eu faim et froid dans la rue, dans ses errances diurnes et nocturnes ? Et sa vie a-t-elle été celle d'une marginale, et combien de temps ?
Une ado issue d'une famille bon teint mais pas coincée, parents sympathiques, famille aimante, entourée de soeurs attentives... Qu'est ce qui a pu la pousser a mendier ici une clope là une pièce ou deux ? Si je la croise un jour, je lui demanderai.
Un jour, je ne l'ai plus vu sur les marches, prostrée sur je ne sais quelle douleur. Disparue. Et puis il suffit d'un heureux hasard, pour que je la retrouve... sur Facebook ! Sa photo montre une mine apaisée, mais elle semble prématurément vieillie par ses aventures. Je suis assez rassuré et heureux de voir cette photo. Les mauvais jours semblent loin désormais, le bonheur est peut-être à sa portée.
Et puis d'un coup plus rien.
Je ne sais pas ce qui a trotté dans sa tête. Conflit parental, semi-fugue, crise d'adolescence brutale ? Pendant plusieurs mois, je l'ai croisé à la sortie du metro, station Bellecour, sortie Antonin Poncet (pas la grande, la petite). Elle faisait la manche. Je passais en faisant migne de l'ignorer. J'aurais pu l'aider et je n'ai rien fait. Sentiment de culpabilité, mais je ne peux pas résoudre tout la misère du monde. Et puis aurait-elle accepté ?
A-t-elle eu faim et froid dans la rue, dans ses errances diurnes et nocturnes ? Et sa vie a-t-elle été celle d'une marginale, et combien de temps ?
Une ado issue d'une famille bon teint mais pas coincée, parents sympathiques, famille aimante, entourée de soeurs attentives... Qu'est ce qui a pu la pousser a mendier ici une clope là une pièce ou deux ? Si je la croise un jour, je lui demanderai.
Un jour, je ne l'ai plus vu sur les marches, prostrée sur je ne sais quelle douleur. Disparue. Et puis il suffit d'un heureux hasard, pour que je la retrouve... sur Facebook ! Sa photo montre une mine apaisée, mais elle semble prématurément vieillie par ses aventures. Je suis assez rassuré et heureux de voir cette photo. Les mauvais jours semblent loin désormais, le bonheur est peut-être à sa portée.
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lundi 19 octobre 2009
Les chercheurs de l'anti-papistique
Ce n'est pas le titre du prochain Indiana Jones, mais ça pourrait le faire !
Mon colloque s'est plutôt bien déroulé, et avec du monde... Les Huguenots sont venus, la salle était bien remplie, ce qui surprit les historiens venus assister à la conférence. Beaucoup de particuliers venus en couple, pour la plupart protestants.
Sans détailler le contenu des interventions, nous avons donc fait un point sur l'articulation entre le calvinisme et les arts, à rebours de ce que pense le public à ce sujet, et à contre courant de ce que certains réformés croyaient eux mêmes. L'art n'est pas condamné par la Réforme. Cependant Calvin ne veut pas d'art religieux, et sacré à l'intérieur des temples. Point d'images sacrées, de reliques, même de vitraux qui représentent Dieu et le Christ.
Rembrandt trouva quelques astuces sur ce sujet : représenter l'ombre de Jésus.
Le vendredi soir, réception à l'Hôtel de ville dans le beau salon de la Conservation, sous le plafond peint par Thomas Blanchet. Mon directeur de thèse fit un joli discours, un peu tremblant. Le traiteur était bon, et je conviens d'une chose : je ne suis pas un mondain. J'étais tendu, et personne ne venait spontanément échanger avec autrui. Des groupes discutèrent entre eux.
Les pique assiettes grisonnants sortaient de je ne sais où, sans doute calvinistes. L'adjoint au maire faisait une mine intéressée. Et puis moi je n'avais d'yeux que pour les peintures de quelques illustres artistes lyonnais. Un portrait de Delorme me frappa particulièrement. Il faudra que je me renseigne à propos de cette toile.
Les salons de l'Hôtel de ville sont magnifiques, mais ce soir là j'ai pris froid. Cela ne se manifesta pas le lendemain, où j'intervenais. Je suis plutôt satisfait de ma communication, moins catastrophique que la première, mais mes tics de langage m'ont agacé, j'ai été trop long sur la première partie alors que la seconde était la plus intéressante. Mais mine de rien j'ai crée le débat, et là j'ai été très bon. J'ai même mouché une conservatrice de la Bibliothèque nationale à plusieurs reprises. Contrant ses réponses. J'ai crée un échange avec le public, un débat. J'en fus ravi.
La fin de l'intervention fut suivi d'un repas dans une célèbre brasserie de Perrache, dans un des salons particuliers décoré de nus et d'imitations de Braque. Gêné mais amusé, mon directeur de thèse constata que cela n'avait rien de protestant. Ce fut mon premier repas dans cette Brasseire Georges. Jolie décoration art déco mais beaucoup de bruit. Le repas était correct.
J'ai discuté une partie du repas avec un ancien pasteur suisse, plutôt connu puisqu'il officia trois ans à Paris près du Louvre, au temple de l'Oratoire, mais il prêcha aussi dans les plus illustres temples calvinistes d'Europe. Une sommité et une personnalité passionnante.
L'après midi nous eûmes une visite guidée de l'exposition qui s'ouvrira mardi sur le consulat protestant lyonnais au XVIe siècle. Nous eûmes la primeur et l'honneur de voir un livre de plans militaires rédigé par un espion du duc de Savoie de la première moitié du XVIe siècle ainsi que d'un pamphlet anti-calviniste datant des guerres de religions, aux magnifiques illustrations.
J'ai pris quelques photos, mais je ne les ai pas encore entrées dans l'ordinateur. J'en mettrai quelques unes ici...
Ce week end fut donc fructueux. Outre l'enrichissement intellectuel, j'ai pu faire partager mes connaissances, et j'ai pu m'exercer au difficile exercice imposé de l'intervention en public. J'ai également acheté la dernière édition de l'Institution de la Religion Chrétienne de Calvin en français actuel pour un prix raisonnable. Moi j'aurais voulu l'édition critique de Droz, mais entre 48 euro et 72 euro, j'ai fait le choix de la bonne santé du portefeuille...
Mon colloque s'est plutôt bien déroulé, et avec du monde... Les Huguenots sont venus, la salle était bien remplie, ce qui surprit les historiens venus assister à la conférence. Beaucoup de particuliers venus en couple, pour la plupart protestants.
Sans détailler le contenu des interventions, nous avons donc fait un point sur l'articulation entre le calvinisme et les arts, à rebours de ce que pense le public à ce sujet, et à contre courant de ce que certains réformés croyaient eux mêmes. L'art n'est pas condamné par la Réforme. Cependant Calvin ne veut pas d'art religieux, et sacré à l'intérieur des temples. Point d'images sacrées, de reliques, même de vitraux qui représentent Dieu et le Christ.
Rembrandt trouva quelques astuces sur ce sujet : représenter l'ombre de Jésus.
Le vendredi soir, réception à l'Hôtel de ville dans le beau salon de la Conservation, sous le plafond peint par Thomas Blanchet. Mon directeur de thèse fit un joli discours, un peu tremblant. Le traiteur était bon, et je conviens d'une chose : je ne suis pas un mondain. J'étais tendu, et personne ne venait spontanément échanger avec autrui. Des groupes discutèrent entre eux.
Les pique assiettes grisonnants sortaient de je ne sais où, sans doute calvinistes. L'adjoint au maire faisait une mine intéressée. Et puis moi je n'avais d'yeux que pour les peintures de quelques illustres artistes lyonnais. Un portrait de Delorme me frappa particulièrement. Il faudra que je me renseigne à propos de cette toile.
Les salons de l'Hôtel de ville sont magnifiques, mais ce soir là j'ai pris froid. Cela ne se manifesta pas le lendemain, où j'intervenais. Je suis plutôt satisfait de ma communication, moins catastrophique que la première, mais mes tics de langage m'ont agacé, j'ai été trop long sur la première partie alors que la seconde était la plus intéressante. Mais mine de rien j'ai crée le débat, et là j'ai été très bon. J'ai même mouché une conservatrice de la Bibliothèque nationale à plusieurs reprises. Contrant ses réponses. J'ai crée un échange avec le public, un débat. J'en fus ravi.
La fin de l'intervention fut suivi d'un repas dans une célèbre brasserie de Perrache, dans un des salons particuliers décoré de nus et d'imitations de Braque. Gêné mais amusé, mon directeur de thèse constata que cela n'avait rien de protestant. Ce fut mon premier repas dans cette Brasseire Georges. Jolie décoration art déco mais beaucoup de bruit. Le repas était correct.
J'ai discuté une partie du repas avec un ancien pasteur suisse, plutôt connu puisqu'il officia trois ans à Paris près du Louvre, au temple de l'Oratoire, mais il prêcha aussi dans les plus illustres temples calvinistes d'Europe. Une sommité et une personnalité passionnante.
L'après midi nous eûmes une visite guidée de l'exposition qui s'ouvrira mardi sur le consulat protestant lyonnais au XVIe siècle. Nous eûmes la primeur et l'honneur de voir un livre de plans militaires rédigé par un espion du duc de Savoie de la première moitié du XVIe siècle ainsi que d'un pamphlet anti-calviniste datant des guerres de religions, aux magnifiques illustrations.
J'ai pris quelques photos, mais je ne les ai pas encore entrées dans l'ordinateur. J'en mettrai quelques unes ici...
Ce week end fut donc fructueux. Outre l'enrichissement intellectuel, j'ai pu faire partager mes connaissances, et j'ai pu m'exercer au difficile exercice imposé de l'intervention en public. J'ai également acheté la dernière édition de l'Institution de la Religion Chrétienne de Calvin en français actuel pour un prix raisonnable. Moi j'aurais voulu l'édition critique de Droz, mais entre 48 euro et 72 euro, j'ai fait le choix de la bonne santé du portefeuille...
samedi 17 octobre 2009
Dans le visible et l'invisible

Tout s'est bien passé, les rapports "troubles" entre le protestantisme et les arts s'en trouvent éclaircis. Ils me confirment dans ce que j'aime chez eux : sobriété, sincérité, générosité. Rapport de ce fructueux week end dès que j'ai un peu plus de temps.
En attendant, je ne saurais trop conseiller le lecteur de ces lignes de voir les photos d'Olivier Christinat, photographe Suisse talentueux....et protestant.
Petite précision, pour la recherche, il suffit de taper son nom dans Google images...
En attendant, je ne saurais trop conseiller le lecteur de ces lignes de voir les photos d'Olivier Christinat, photographe Suisse talentueux....et protestant.
Petite précision, pour la recherche, il suffit de taper son nom dans Google images...
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jeudi 15 octobre 2009
A couteaux tirés

Ma fin de semaine s'annonce studieuse et mondaine... Demain j'assisterai à un colloque sur le protestantisme et les arts qui se tiendra aux Archives municipales de Lyon, dans le cadre de l'ouverture de l'exposition consacrée à l'année 1572 à Lyon, lorsque la ville était aux mains des Protestants. Le soir, comme le colloque est co-organisé par la Ville et par mon université, je suis invité à un cocktail dans les salons de l'Hotel de ville, qui se cloturera par une conférence sur... Calvin ! Je n'aurai d'yeux que pour les ors et les peintures de Thomas Blanchet dans le magnifique escalier d'honneur !
Le lendemain, je passerai sur le grill puisque j'aurai à m'exprimer sur les liens entre mon sujet de thèse (protestant) et les arts ! D'ailleurs, je serai je crois le seul à intervenir sur ces deux jours sur un sujet spécifiquement Lyonnais. Je serai sous les feux de la rampe !
L'intervention sera un couper /copier / coller de l'article que j'ai rédigé tout l'Eté et dont j'ai parlé ici à plusieurs reprises. Je connais mon sujet, mais de là à sortir de mes notes. Je n'ai pas le trac pour l'instant, mais je crains que samedi je ne tremble des jambes ! Vaille que vaille je lirai mes notes, et si l'auditoire réclame des précisions, qu'il vienne me voir ensuite !
Voilà. J'ai confiance en moi en ce moment, j'espère qu'elle ne se débinera pas samedi matin. Je m'en remets à la grâce de Dieu, pas celui de l'évêque de Rome, celui du théologien de Noyon.
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