
L'université où je travaille ressemble à une colonie de fourmis. Chaque jour, des milliers de personnes y entrent et y sortent, travaillent, étudient, s'ennuient...
Environ 15 000 étudiants, et un bon millier d'enseignants se pressent dans des salles de cours, des amphithéâtres, des cafétérias, des rayonnages de bibliothèque.
Les effectifs estudiantins sont composés d'une très grande majorité de femmes : 80 %, ma libido s'en trouve de fait augmentée. Comme il fait froid j'essaie de deviner leurs corps sous d'épais manteaux. Quoique la mode soit au moulant, voire au très moulant et quasiment jusqu'à la table de jeu, c'est plus facile.
Je devais avoir 8 ou 9 ans la première fois que je suis entré dans la Manufacture des Tabacs. En 1989, une exposition avait été organisée sur le thème du pain dans une partie des lieux, pas encore dans son état d'origine. Je me rappelle qu'il faisait froid, mais que la dégustation de pain était bonne...
En DEUG, ces locaux, alors encore en travaux rimaient avec autonomie et études. Je n'ai pas fait grand chose ces deux premières années, je ne révisais pas mes cours, je travaillais seulement les travaux dirigés que je jugeai intéressant. Je me laissais vivre. J'ai pris 30 kg en deux ans. Je rêvais plus que je ne pensais au futur. L'insouciance. Ensuite en licence, je me mis vraiment à travailler.
Beaucoup de mes ami(e)s trouvent ces locaux sans âme, impersonnels et froids. C'est vrai. Point de vieilles pierres, une fontaine d'un artiste Polonais qui traîne.... Beaucoup de minéral, de béton, peu de végétal,
Je découvre par mon travail les joies de la grande administration : l'initiative personnelle est mal vue si l'on ne passe pas par l'accord d'au moins 3 services et d'autant de personnes aux fonctions obscures. Je ne suis que vacataire et cela me convient. Pour l'instant.
Les professeurs que nous formons sont tous plutôt sympathiques. Certains ont leur petite manie et nous imposent des délais très courts des solutions à trouver pour leurs problèmes. Sans compter les jeunes enseignantes vacataires, mes collègues délicieusement vêtues me causant quelques troubles au bas du pantalon. De façon générale tout se passe bien. Avec le regain contagieux de la Grippe A, il se peut que notre activité augmente après la Toussaint. Pour le moment, nous assurons tranquillement nos permanences, tranquillement, avec un peu d'ennui...
Mais heureusement, le comique de service Sarkozy sait égayer mes journées par une lecture assidue des journaux.
Libéré de toute pression, je fais désormais des nuits complètes, mon stress chronique est à un niveau assez bas, même la boisson ne fait plus effet, elle n'est plus ce passage épisodique cathartique, et puis j'ai trop bu au début du mois.... Même la publicité ne m'atteint plus. Elle est quasi absente sur mon trajet quotidien entre maison et Manu par la grande rue de la Guillotière. En tout cas elle se fait discrète. Finie donc la propagande nauséabonde !